En terre reculée
Nous sommes le matin du lundi 9 janvier 2017 (Jour 10). Noreen et moi avons bien dormi au lodge Oppi Koppi à Kamanjab et leur déjeuner est délicieux.
Le village est achalandé. Des membres des tribus Himba et Héréro ainsi que des paysans habillés en européens s’affairent. Au logis Oppi Koppi, Werna nous recommande de rencontrer Annette, la propriétaire du Coffee Shop à notre arrivée à Opuwo.
Il faut faire 250 km pour nous y rendre. Heureusement que la route est goudronnée. Toutefois, bon nombre d’animaux la traversent : zèbres, chèvres, ânes, bœufs, babouins, ce qui ralentit notre cadence.
Enfin à destination vers 13 heures, Noreen et moi localisons facilement notre logis Ohakane, en plein centre du village. Nous avons du mal à imaginer comment nous réussirons à passer deux nuits ici. Ça fourmille de gens partout. Des membres de plusieurs tribus s’entremêlent : Himba, Héréro, Hakahona et Thimba. Il y a même une intersection avec feux de circulation!
Notre hébergement est minimal mais fournit un petit oasis au coeur du village. Quelques employés nous accueillent. On nous explique que c’est la saison creuse, il y a donc très peu de clients en ce temps de l’année. En fait nous sommes les seules à y loger.
L’après-midi se passe à la piscine, suivie d’une marche au village. Nous tentons de trouver la fameuse Annette mais elle profite de ses vacances ailleurs actuellement.
Célestine, notre hôte, nous recommande de prendre Peter comme guide lors de notre visite de la tribu des Himba. Nous négocions avec lui et arrivons à une entente : 450 R plus provisions pour la visite.
Le soir nous commandons des côtelettes avec salade grecque au Coffee Shop. Toutefois, le repas nous déçoit: un peu trop ‘américain’ et pas de valeur qualité-prix. Nous allons dormir en songeant à ce que notre visite chez les Himba nous réserve!
En route vers Opuwo




Ohakane Lodge






Chez les Himba
En ce mardi 10 janvier 2017 (Jour 11), nous sommes déjà à mi-chemin de notre voyage en Namibie en termes du nombre de jours et de distance. Peter arrive vers 8h30 et nous conseille en premier d’acheter des provisions pour la tribu : farine/maiza, vaseline, sucre brun, biscuits, café, thé… Nous plaçons tous les ingrédients dans les sacs jaunes que Noreen a apportés du Canada.
Chez la tribu Himba les femmes se couvrent la peau d’une onction couleur ocre à base de graisse de bœuf et du sable roux de la région. Puisqu’au cour des dernières années le bétail disparaît graduellement faute d’eau, le boeuf se fait de plus en plus rare, d’où le besoin grandissant de remplacer la graisse par de la vaseline.
Rencontre du chef
Nous roulons environs 20 kilomètres avant d’arriver au village. Peter nous dit d’attendre, le temps d’avertir le chef de notre visite. Peu après, il revient nous chercher et ensemble nous allons lui serrer la main. Le chef nous présente une de ses femmes, la doyenne. Il nous apprend quelques mots : morrow (bonjour), periwee (comment vas-tu?) perinowa (je vais bien) et okuhepa (merci).
La doyenne nous invite dans la hutte principale dans laquelle elle concocte un mélange parfumé mis sur le feu afin de dégager une fumée qui sert à se ‘laver’. Plutôt que de se laver avec de l’eau, qui se fait rare dans le pays, les femmes se lavent à l’aide de cette fumée parfumée.
Ensuite, nous visitons une espèce de petite cuisine très rudimentaire avec une jeune femmes allaitant son cinquième enfant. Quatre filles précèdent le petit garçon. Elle prépare un ‘porridge’ pour plusieurs enfants à sa charge pendant que les autres sont partis s’occuper des semences et du bétail.
Nous nous amusons avec les enfants en faisant le tour de la propriété. Nous posons plusieurs questions à l’aide du guide qui sert de traducteur. Les membres de la tribu nous questionnent également. Ils se demandent par exemple comment on s’y prend dans un avion pour uriner. Autrement dit, ils ne peuvent s’imaginer autres façons de faire ses besoins que dans la nature.
Nos hôtes sont également perplexes de nous voir, toutes les deux Noreen et moi sans conjoints. Noreen explique que le sien est actuellement au Kenya et que je n’en ai tout simplement pas. L’idée semble inconcevable pour eux.
Nous retournons au logis vers midi et remercions Peter. C’est le temps de prendre notre lunch et de se baigner sous le lapa.
Randonnée en ville
En après-midi, en faisans un autre tour ‘en ville’, nous trouvons fascinant de voir toutes les tribus entrer en contact les unes avec les autres en harmonie. Quelques adolescentes curieuses nous interrogent en nous suivant. Elle veulent en connaître davantage sur nos vies, les motifs de notre présence ici, nos familles, etc.
Après le retrait d’un peu de monnaie à la banque ensuite, nous nous prenons une glace molle au Coffee Shop. En route, une fillette nous parle en français. Noreen donne sa glace à son petit frère.
En soirée, nous nous rendons au Opuwo Country Lodge, à quelques kilomètres à l’extérieur du village afin de voir un coucher de soleil au dessus de la vallée. Quelle bonne décision : la route pour s’y rendre est pitoyable mais la destination, fantastique. Nous savourons notre bière au bord de l’’Infinity Pool’, lieu parfait pour admirer le coucher de soleil sur les montagnes vers Angola. Belle fin à une autre merveilleuse journée au fin fond de la Namibie.









Coucher du soleil au Opuwo Countrey Lodge




